Pour satisfaire nos besoins en eau, le projet hydraulique
tunisien est allé très loin dans la mobilisation des ressources en eau. Mais
cet effort a atteint ses limites. L’élargissement du
concept de ressource en eau à toutes ses formes : l’eau bleue, l’eau
verte, l’eau virtuelle, est aujourd'hui devenu nécessaire pour atteindre les
objectifs de sécurité hydrique du pays.
La pénurie d’eau représente un manque par rapport à des
besoins donnés : besoins directs (domestiques, industriels), et
besoins indirects nécessaires à la production de notre alimentation, ce sont
les besoins de l’agriculture, pluviale et irriguée. Si l’on compare les besoins
aux ressources en eau par pays, il y aura naturellement un manque plus
important dans les pays où les précipitations sont les plus faibles : les
pays arides, colorés en noir sur la carte. Pour pallier ce manque, on peut
avoir recours à des ressources alternatives : i) dessalement de l’eau de
mer (Arabie Saoudite plus gros producteur, Algérie et Maroc), ii) transport
d’eau douce sur de longues distances (Colorado, transfert Sud-Nord en Chine 45
km3/an), iii) recyclage des eaux usées urbaines, notamment dans l’irrigation,
et parfois pour fournir de l’eau potable (Singapour). Il existe toutefois un
grand nombre de pays riches en eau, mais qui ne possèdent pas les ressources
financières nécessaires pour la construction des infrastructures d’exploitation
de l’eau (nombreux pays africains, régions colorées en rouge sur la
carte) ; on parle alors de pénurie économique d’eau. La solidarité
internationale est nécessaire pour garantir, dans les pays pauvres,
l’alimentation des villes en eau potable : l’explosion démographique
urbaine qui s’annonce dans les pays en développement annonce de nouvelles
pénuries : les villes y compteront plus de 5 milliards d’habitants en 2050. Il
faudra chercher l’eau toujours plus loin et recourir davantage au dessalement
de l’eau de mer, quitte à augmenter la facture de l’eau pour des collectivités
souvent dépourvues des moyens nécessaires. Une équation de plus en plus
difficile.




